mardi 8 juillet 2014

Réçit de course : Trail des Glaciers de la Vanoise. 73km. 3800m D+

Compte rendu de course. Trail des Glaciers de la Vanoise 2014. 417 inscrits. 73km de course. 3800m D+.


Avant la CCC, il me fallait faire une course de montagne, pour tester les conditions de course en altitude, et se donner une idée de ce que ça va donner à Chamonix.
Chaque année, Valérie et Arnaud, des amis, nous invitent à skier à Pralognan la Vanoise. Petite station d’hiver, Pralo est en revanche une station réputée pour l’été, car le parc naturel de la Vanoise qui la surplombe, offre de superbes occasions de randonnées, trecks ou trails.
Lorsque j’ai appris qu’il y avait un trail début Juillet, je n’ai pas hésité une seconde, et me suis inscrit dans la foulée, en passant voir Mathieu et Ludovic, de l’office, en mars après avoir descendu 2/3 pistes.

Le briefing est donné le samedi après-midi. L’accent est mis sur les conditions de course difficiles. Il fera beau, mais le parcours se fait majoritairement en terrain non balisé, et peu accessible pour les secours. C’est une course de haute montagne, qui nous fait évoluer principalement entre 2000 et 2500m d’altitude, avec une pointe à 2800m !

Le réveil sonne à 3h du mat. J’avale un petit déjeuner frugal et me dirige, avec Elisabeth qui est venue m’accompagner, vers le sas de départ, qui sera donné à 4h du mat.

C’est donc un départ à la frontale, qui ne laisse aucun prélude, et nous amène directement dans la montagne.

Les 8 premiers kilomètres de course nous font faire ce que l’on appelle un KV (kilomètre vertical d’une traite). On mange donc 1000m de dénivelé non-stop jusqu’au premier ravito (ou plutôt 1100m). Le paysage est magnifique ; je me crois dans un film. On traverse des lacs de neige fondue, à la frontale, sur des dalles naturelles. 1h30 plus tard, nous voici arrivé au premier ravitaillement, au refuge du Col de la Vanoise.




Je me dis que pour moi, la course commence maintenant ! En effet, je ne suis pas là pour la gagne, ni pour faire un temps, mais pour me préparer en course de montagne. Je vais donc y aller molo, et essayer de ne pas être trop cassé à l’arrivée. D’autant plus que je me remets tout juste de mon claquage du mollet, et qu’hier, ca tirait encore !


Jusqu’au km50, la course s’annonce roulante. Des atermoiements de petites montées et descentes semblent se présenter à nous. Roulez jeunesse, c'est le moment d’engranger les kilomètres, me dis-je.
Que neni ! D’une part, nous n’aurons jamais, je dis bien JAMAIS, de plat. Soit ca descend sec, soit on a droit à des faux plats montant. Grrr…
Autre difficulté à laquelle je ne m’attendais pas également : la nature du terrain. Je croyais pouvoir avancer tranquillement sur des jolis chemins de montagne. Raté ! Le chemin que nous empruntons (le GR5) est parsemé de cailloux plus ou moins gros les uns que les autres.


Le jour commence à pointer le bout de son nez, et la chaleur se fait oppressante lorsque nous montons.
J’ai décidé de faire ce trail à l’eau claire, et je ne serai pas déçu. A chaque ravito, je rempli mon camel d’eau minérale, qui sert normalement à abreuver les randonneurs ou le bétail. L’eau est fraîche et délicieuse ; rien à voir avec le goût écoeurant des boissons énergisantes habituelles.

Entre le 1er et le 2nd ravito, il y a 15km. Psychologiquement, c’est un peu dur car je comptais sur cette partie soi-disant roulante pour avancer et dérouler les km à vive allure. Mais le terrain ne s’y prête absolument pas ; le chemin est très caillouteux, et si je ne veux pas me faire une cheville ou tomber dans le ravin, je fois faire attention à là où je mets les pieds, et ce pour chaque pas effectué !
Les paysages sont magnifiques ; on traverse des petits cours d’eau, et parfois même quelques névés, dont un sur les fesses ! Contrairement aux autres trails, on discute peu entre nous, car chacun est concentré et ‘dans sa course’. C’est mon premier trail de montagne, et sa difficulté est sans commune mesure avec ce que j’ai bien pu faire jusque là.

Je passe le 2nd ravito au refuge de l'Arpon, assez rapidement, et file tout droit vers le 3è ravito : celui de la mi-parcours, au refuge de Plan Sec. Entre ces 2 ravitos, c’est psychologiquement compliqué. Je me rends compte que je vais mettre bien plus de temps que prévu. Le sentier est en faux plat montant, ce qui rend l’effort compliqué pour avaler bien peu de dénivelé. Les cuisses commencent à chauffer sec, mais 2 choses me rassurent : je n’ai aucune crampe, et mon mollet tient correctement !
Une petite vidéo vous montrera le paysage magnifique dans lequel nous avons la chance d’évoluer.


La descente vers Plan Sec commence par une portion roulante (le film posté sur la page fb), qui me fait accélérer l'allure. Mais rapidement, après quelques lacets, le sentier se ressert et redevient caillouteux, avant d'entrer dans une portion en forêt qui me fait me demander si je ne me suis pas perdu. Il y a 15 minutes, j'évoluais en montagne, et maintenant, je cours au milieu de sapins... Il y a vraiment un refuge dans le coin? Fort heureusement, quelques balises me rassurent, et je parviens, après une nouvelle ascension, cette fois-ci de courte durée, au refuge de plan sec. Je me dirige tout droit vers les ‘parties communes’. Les crozets au reblochon de la veille me pesaient un peu sur l’estomac. J’en profite ensuite pour faire une vraie pause. Je dois m’arrêter bien 10/15 minutes à ce ravito. Je me restaure correctement, et discute avec les bénévoles de la course, fort sympathiques au demeurant.

La partie qui nous attend nous amène je crois 13km plus loin vers l’avant-dernier ravito au refuge de l'Orgère. Nous descendons vers les lacs des barrages environnants ; la vue est superbe. Désolé, je n’ai pas pris de photos, mais rien que pour cela, ça valait le détour. En revanche, qui dit descente dit remontée. Une fois arrivé au niveau du lac, il nous faut donc remonter de l’autre côté. On s’emmanche donc une belle côte d’à mon avis 400 bons mètres de D+. Les jambes commencent à durcir. J’y vais donc très mollo, et m’hydrate beaucoup pour éviter que les crampes auxquelles j’étais coutumier jusque là n’apparaissent aujourd'hui.

Nous voici donc à l’avant-dernier ravito. Il ne semblait jamais venir celui-ci ! Pour y parvenir, nous avons du encaisser une jolie descente ‘casse-pattes’, sur un chemin très caillouteux à travers les pins. Je pensais que le circuit des 25 bosses était ‘trop caillouteux’ par rapport à ce que l’on retrouve en trail classique, mais non ; ici, le terrain oscille entre rocher et cailloux. Point de terrain sec pour avancer. Remarquez, vu mon état de forme, je ne sais pas si je pourrai de toute façon allonger la foulée…

Je rempli mon camel et mange un morceau, avant de me diriger vers un des gros morceaux de l’épreuve : l'ascension du col de Chavière. 10km nous séparent du dernier ravito qui sera au refuge de Péclet Polset. 10km, c’est jouable me direz-vous. Oui, mais il nous faudra gravir 1000 ou 1200m de D+ et passer de l'autre côté de la montagne qui se trouve en face de nous. Et hop, moi qui n’en avait jamais fait, me voila parti pour un 2nd KV ! Les premiers 5km de cette ascension sont horribles ! Imaginez-vous avancer à 2 ou 3 km/h… Impossible d’aller plus vite sans s’essouffler. Il fait très chaud, je commence à cuire, et suis obligé de baisser mes manchons sous peine de rôtir comme un cochon de lait. La côte est très raide, et plus on monte, moins on a d’oxygène. Je mets bien 1h15 pour faire la première portion de 5km… Un replat pour avancer un peu, et on arrive littéralement au pied du mur ! Là, pour le coup, il fait froid... Il y a du vent... Il y a de la neige... Je dois remettre mes manchons, mon manteau, et reste malgré tout gelé. Incroyable cette différence de condition en seulement une heure !! J'approche du col, la vidéo parle d’elle-même : on voit au loin, tout là haut, des petites fourmis escalader un col enneigé !?! La pente reste raide, et nous avançons maintenant en plus dans la neige. Je n’ai pas de bâtons (je dois bien être le seul), et mes chaussures glissent. Je me retrouve souvent le bec dans la neige, et m’esquinte le pied contre les cailloux. Cette ascension se fait à 50% au mental, et à 50% à l’envie de profiter de l’instant. On se croit dans un film de haute montagne, ou dans le livre premier de cordée. Sauf qu’on est en tenu de course, et sans corde. Incroyable... J'en garderais des souvenirs toute ma vie!
Le temps me semble arrêté ! J’en profite à fond, et essaie d’oublier le manque d’oxygène qui me donne des points de côté et empêche mes muscles de bien s’oxygéner. Mes jambes vacillent, mais ce moment est unique ! Ce doit être la première fois que je passe un col, et qui plus est dans la neige J
En haut, je fais une pause, histoire de récupérer de cette ascension qui m’a un peu marqué. 1000m de D+ en 2h15, dans la neige. Il faut avouer qu’à ce moment, je suis bien assèche, avec jambes raides et souffle coupé. Mais pour le coup, je viens de vivre une expérience réellement incroyable, et hors du commun. Je suis aux anges, bien qu'un peu hagard suite à l'effort fourni.


Le dernier ravito est 3km plus bas. Jusqu’à pralo et la ligne d’arrivée, il reste 16km, uniquement en descente (enfin, presque).
Je me dis que je vais pouvoir enfin allonger la foulée, ça tombe bien, ça fait 10h que j'attends ça :-) Mais je déchante aussi sec.
Pour arriver au dernier ravito, on évolue 100% dans la neige. Imaginez-vous une pente raide, dans la neige, en courant. C’est assez comique. On passe notre temps à se casser la figure, avec comme crainte de dévaler la pente comme le capitaine Haddock dans Tintin au Tibet. Je suis trempé des pieds à la tête, et suis par la même occasion complètement gelé. Je garderai de cette descente de belles crevasses, qui me feront un mal de chien jusqu’en bas ! C'est juste incroyable. Imaginez vous en haut d'un col à 2800m d'altitude, en T-shirt, en short et en basket, en vous disant : 'Tiens, et si je redescendais par là?', en pointant du doigt une vaste nappe de neige, qui descend à perte de vue. Le tout, évidemment, sans bâtons pour s'appuyer et s'équilibrer.
Mais plus on descend, plus l’oxygène se normalise, et plus il fait chaud. Alors je me dis que je ne suis plus à ça près, et que dans tout trail, l'organisation nous garde quelques privates jokes pour la fin, parcequ'ils savent que plus c'est dur, plus on en garde un souvenir inoubliable.

Au dernier ravito, je ne m’éternise pas. Il reste tout de même 13/14km, sur un sentier pour le coup très courable. Autant en profiter. Je suis bien ; à mon grand étonnement, je n’ai toujours pas la moindre apparition de crampes. Une grande première !
Ces 13km se font dans la joie et la bonne humeur. Chaque foulée est douloureuse. Les cuisses tapent à chaque pas, mais l’on se dit qu’on n’a pas fait tout ça pour rien.
Le retour à la civilisation se fait gaiement ; les promeneurs nous encouragent, je fais connaissance avec une marmotte qui semble presque apprivoisée.


Nous longeons le cours d’eau formé par la chute des neiges.
J’apprends que je suis dans les 70 premiers ! Bon, OK, je me voyais plus beau avant de prendre le départ ; mais après 1h30 de course, je me suis tout de suite remis en questions, et me suis dis que tout compte fait, j’allais ce jour là surtout jouer les barrières horaires J C’est mon premier trail de montagne ; je devrai presque dire, de haute montagne. Je me remets de mon claquage au mollet et n’ai pour ainsi dire que 2 vraies semaines d’entrainement dans les pattes. Alors profil bas, humilité, et mon unique plaisir est de finir cette course J Quand une promeneuse me dit que je perds 3 places parce que je m’arrête filmer la marmotte, cela me fait sourire, et je ne peux m’empêcher de lui rétorquer que « j’en ai vraiment rien à fout**»…

Je passe la ligne d’arrivée après 11h40 d’une course sublime. Ce doit être sans nul doute la course la plus dure qu’il m’ait été donné de courir. Mais qu’est-ce que ça vaut le coup.

Qui plus est, je n’ai pas eu un soupçon de crampes, et mon mollet à tenu bon !

Je vais maintenant prendre 10 jours de repos, pour éviter de réitérer mon erreur de l’Ecotrail, et m’entrainer 6 bonnes semaines pour la CCC.

Si cela vous intéresse, voici les leçons techniques que je retirerai de cette course.

1)      L’équipement
Je suis parti équipé de chaussettes de compressions, et d’un simple T-shirt. Un camel back, et autour des reins, un manteau en cas de pluie ou vent fort. Les manchons aident bien pour éviter les crampes aux bras.
La seule chose qui m’ait manqué est les bâtons. Je crois que l’on était que très peu à ne pas en avoir, en tout cas dans les 100 premiers. Dans les ascensions, j’ai bien vu que j’en bavais plus que les autres, et me fatiguais pour rien… Donc cette semaine : achat de bâtons, et test en forêt de Milly sur les 25 bosses pour être prêt pour la CCC.

2)      Les ravitaillements
L’eau claire, avec du sucre dedans, c’est ce qui semble me correspondre. Lorsque je mets des poudre d’effort, cela m’écoeure, et je bois moins. Là, j’ai pu bien m’hydrater, et je pense que c’est la raison pour laquelle je n’ai pas eu de crampes.
J’ai mangé en tout : 2 gels boosters, 2 barres de céréales, 2 barres de nougat, et 2 barres de pâtes de fruits. Pas encore assez pour 11h30 de course, mais en amélioration par rapport aux courses précédentes, pendant lesquelles je ne pouvais rien avaler. Verdict : aller au plus naturel. Le nougat et les pâtes de fruit. En plus des quelques Tucs avalés aux ravitos, cela m’a suffit pour ce trail, mais j’avais un peu faim en arrivant. Pour la CCC, j’essaierai de manger un peu plus.

3)      L’entrainement
Etre passé à 90-100km par semaine me permet d’être endurant. D’où encore une fois l’absence de crampes. En revanche, j’ai une déficience notoire en dénivelé. Il me reste donc 6-7 semaines pour palier ce problème. C'est mince, mais je pense jouable.

Pour conclure, ce trail était simplement formidable ! Un grand moment de bonheur, à parcourir la montagne comme nous en avons rarement l’occasion. C’est une chance que de pouvoir faire ce type de parcours, et cela nécessite un temps de préparation considérable ; je remercie donc chaudement toute l’organisation, et l’office de Pralo, qui a fait un boulot formidable !

Petit bonus : le compte rendu Strava : http://www.strava.com/activities/163004340

La prochaine course est pour bientôt, et pas des moindres : la CCC, pour faire cette fois-ci le tour du Mont-Blanc J

lundi 23 juin 2014

Agenda des trails et courses 2014 en île de France

Date
Noms de la course
Type de course
Localité
28 juin
Trail du Muguet
Trail
10 et 21 km
Meudon
29 juin
Oxу'Trаіl du Vаl Mаubuéе
Trail courte distance
Noisiel
5 juillet
Trаіl dеs Mоulіns
Trаіl
Lоnguе dіstаncе
Mondeville
20 juillet
Trаіl еstіvаl du Vаl dе Mаrnе
Trаіl
10,5-21 km
Lа Quеuе-En-Вrіе
31 aout
Cul d'еnfеr
Trаіl
21 km
Mоndеvіllе
7 septembre
Tоurn'еn vеrt
Trаіl
Cоurtе dіstаncе
Tоurnаn-En-Вrіе
13 septembre
Cоursе nаturе dеs rоchеs
Trаіl
12-21 km
Sаntеuіl
20 septembre
Imperial trail
Trаіl
Lоnguе dіstаncе
Fоntаіnеblеаu
20 septembre
Lе trаіl du Gâtіnаіs
Trаіl
91 km
Mоndеvіllе
20 septembre
Lа décоu'vеrtе trаіl
Trаіl
19 km
Mоndеvіllе
20 septembre
Lа Mеuf'Unе
Trаіl
9,1 km
Mоndеvіllе
21 septembre
Seine Mauldre
Trail
12 – 24 km
Flins sur Seine
28 septembre
Lе trаіl du Cоrd
Trаіl
16-32 km
Dаmmаrtіn-En-Gоëlе
4 octobre
Nоctutrаіl dе Sullу
Trаіl
17 km
Rоsnу-Sur-Sеіnе
5 octobre
Lе trаіl du Fоur à Chаux
Trаіl
Cоurtе dіstаncе
Nаndу
12 octobre
Ffоuléеs du Gâtіnаіs
Trаіl
10-18 km
Sаіnt-Fаrgеаu-Pоnthіеrrу
12 octobre
Вuth'trаіl, lе trаіl du Gаtіnаіs
Trаіl
15-30 km
Вuthіеrs
12  octobre
Trаіl du Vіаduc dеs Fаuvеttеs
Trаіl
Lоnguе dіstаncе
Gоmеtz-Lе-Châtеl
12  octobre
Trаіl dе l'Etоіlе Fіlаntе
Trаіl
4,8-10 km
Gоmеtz-Lе-Châtеl
12  octobre
Cоursе dеs chаtеаux dе l'Islе-Adаm
Trаіl
Mоуеnnе dіstаncе
L'іslе-Adаm
19 octobre
Mucо-Trаіl du mоnt Sаrrаzіn
Trаіl
10-22 km
Sаіnt-Pіеrrе-Lès-Nеmоurs
8 novembre
Cаrrіèrеs bу nіght
Trаіl
21 km
Mоndеvіllе
9 novembre
Sans rаіsоn
Trаіl
15-30 km
Vélіzу-Vіllаcоublау
15 novembre
Trаіl nоcturnе Lеs Flаmbеаux
Trаіl
10-18 km
Mоntfоrt-L'аmаurу
16 novembre
Trаіl lа Sаgіttаіrе
Trаіl
21,5 km
Lіmеіl-Вrévаnnеs
23 novembre
Mіnі trаіl du 94
Trаіl
9,4 km
Crétеіl
6 décembre
L'Orіgоlе 2014
Trаіl
28-75 km
lе Pеrrау-En-Yvеlіnеs

Le circuit des 25 bosses de Milly la forêt

Le circuit des 25 bosses se situe en forêt de Milly, dans le massif des 3 Pignons, à côté de la forêt de Fontainebleau.

Pour se mettre en conditions « Trail casse jambes », le circuit des 25 bosses n’est vraiment pas mal. Sur 18km, vous grimpez et descendez 25 "bosses" dans un environnement caillouteux, sablonneux, et particulièrement compliqué. Les ascensions relèvent de la quasi escalade (on y met les mains) et les descentes lézardent entre les roches. 830m de D+  pour 18km, ce n’est pas trop mal pour s’entraîner en grimpette.

J’y suis donc allé hier, dimanche 22 Juin, pour parfaire ma préparation au Trail des Glaciers de la Vanoise qui a lieu dans 15 jours.
 Mon objectif est également de voir si le mollet résiste bien au dénivelé.

Couché à 5h30 la veille pour cause de mariage bien trop sympa pour rentrer plus tôt, je me lève à midi pour me diriger gentiment vers Milly la Forêt.
Il fait plus de 27°C, le parcours s’annonce éreintant, mais le temps est radieux. Je prends avec moi 1.2L d’eau (ceinture Salomon double bidons, comme d’hab), mes chaussures de running, qui y rendront l’âme (merci Asics ! Grrrr…), et m’habille légèrement. Je n’avale rien, car je me dis que les 2L de coca bu la veille, à défaut de boire du whisky, m’offrent un taux de sucre plus que correct ! Je regrettais ce choix assez amèrement quelques heures plus tard…

Je m’élance donc sur les bosses, à une allure de sénateur. Je ne pousse pas vraiment car le but est surtout de valider le mollet, et de se re-familiariser avec un environnement trail en conditions difficiles.



Chaque bosse offre son lot de surprises. Les ascensions sont courtes,  mais il faut y mettre les mains. Il n’y a que très peu de portions roulantes : ça monte et ça descend en permanence.
Nous évoluons entre rochers et fougères. C’est vraiment un terrain agréable, bien que très technique. Chaque ascension vous offre en récompense une vue magnifique sur la forêt de Milly ! Franchement, on y est super bien !


Petit bémol de la journée : l’hydratation. Au bout d’une heure, j’ai déjà bu la moitié de mes batteries… Il va falloir se rationner, car il reste 12km… Ca commence bien !
Je passerai donc les 2h restantes à ne boire que par petites gorgées, quand ma gorge asséchée me commandera d’arrêter si elle n’a pas sa ration d’eau.
L’ONF ( Office National des Forêts ) devrait mettre des buvettes à 2/3 points d’eau, je suis certains qu’ils rencontreraient un succès important !


Je ralenti donc l’allure, pour éviter une blessure malvenue, qui serait provoquée par une déshydratation relativement longue. J’en profite pour faire de belles pauses en haut des bosses de Milly. Il fait beau, c’est vraiment magnifique.

Le parcours se passe tout de même bien. Sur la première moitié, j’arrive à grimper les bosses en courant, quand il ne faut pas escalader les rochers. Sur la seconde moitié, je préfère éviter pour ne pas me déshydrater trop vite, et "marche" donc les montées. Ce terrain de jeu est vraiment très technique (je le pense personnellement, en tout cas). Il n’y a pas vraiment de côte classique, il faut mettre les mains, et pousser sur les jambes. Les descentes sont très "casses gueule", et mettent en bonnes conditions pour les trails de montagne de cet été. Il ne faut pas y aller pour travailler son allure ; en revanche, c’est plus sympa que les Montmartre pour le travail en côtes, et bien plus agréable d’un point de vue "esthétique" !



Conclusions de la journée :
1 - Les conditions du Trail des Glaciers de la Vanoise seront certainement très proche de cette journée : un grand beau temps, avec une chaleur pesante. Il faudra donc bien s’hydrater, pour éviter d’avoir des crampes ou se blesser.
2 – Ne plus faire ce genre de parcours sans avoir avaler un morceau avant.
3 – Bien dormir avant le TGV !





mercredi 18 juin 2014

Aborder un trail, le TGV 2014

Aborder un trail, le TGV 2014

Aujourd’hui, je vais partager avec vous la façon dont j’aborde une course.
Trois phases me paraissent primordiales pour aborder une trail en toute sérénité : l’entrainement, l’avant-course, et la course.


1) L’entrainement

Le TGV présente un parcours de 73km, avec 3800m D+.
Il est donc nécessaire d’avoir un bon cardio, d’être affûté, d’être endurant et de savoir grimper/descendre sans se casser le nez tous les 100m.
Je me remets tout juste de mon claquage au mollet. Je vais donc y aller mollo, mais vais tenter de mettre un peu de volume les 2 dernières semaines et de récupérer mon cardio.
Cette semaine, j’enchaîne un "footing+" de 16km le lundi, un footing de 19km le mardi, demain ce sera fractionné (10 x 4min si le mollet tient), vendredi footing de récup de 15km, samedi "footing+" de 15km et dimanche, si le temps le permets, les 25 bosses de Milly la Forêt histoire de faire un peu de déniv.
Un peu plus de 100km pour faire travailler l’endurance et récupérer le cardio...

Comme je me suis arrêté 4-6 semaines à cause de ce $£@# de mollet, j’ai pris du bide. Je suis donc également en phase de cure. Ce n’est pas drôle, mais je ne veux pas non plus me flinguer les genoux en me prenant pour un bouquetin le 6 Juillet. Pas (trop) de vin et dîners light. Argh… c’est dur, mais je me rattraperai après (la CCC…)
Comme les Alpes ne sont pas un plat pays, je m’emmanche également quelques marches. Mon bureau est au 2nd ? Qu’à cela ne tienne, je grimpe les marches jusqu’au 11è, et au pas de charge, et ce plusieurs fois.

Pour le coup, je manquerai d’entrainement le 6 Juillet ; pas à cause de ces 2 semaines assez chargées, mais à cause du fait que mon entrainement ne consiste pour ainsi dire qu’en ces 2 semaines… L'antériorité date de mars...
En revanche, le sachant, et souhaitant éviter que ça ne re-claque, j’irai mollo.

2) L’avant-course

Cette étape commence le jour où vous inscrivez, et dure jusqu’au départ.
Très importante pour vous construire psychologiquement, c’est également une des étapes les plus sympa.
Vous allez voir des photos et des vidéos de la course, vous faites des plans sur la comètes, vous réservez gîtes et trajet, le tout dans une ambiance bon enfant, sportive et conviviale.

On en profite, car au fond de nous, on sait très bien qu’au bout de 20 bornes, on va en ch… comme des ânes (mais on aime ça ??!)

La remise des dossards est particulièrement drôle. Tout le monde arbore un large sourire.
Bonjour, je viens retirer mon dossard, pour la course de 80km pour laquelle je ne suis pas préparé, et dont je vais regretter mon inscription avant la mi-course’.
Vous jaugez la concurrence ; il n’y a pas beaucoup de gras au m², ça m'a d'ailleurs toujours fait sourire ; vous essayez de voir s’il n’y a pas une tête qui vous dit quelque chose.

Quelques jours avant, vous regardez le plan de course et vous fixez une stratégie que vous ne respecterez évidemment pas, étant au fond du gouffre dès que ça va commencer à grimper.
Au fond du gouffre ? Certes ! Mais heureux d’y être, heureux d’en baver ! Heureux de passer 73km à rencontrer de nouvelles personnes, découvrir de nouveaux paysages, et vivre une expérience que vous n’auriez certainement pas vécue autrement.

Vous avez votre dossard, il est 17h, la course commence dans 12h (je crois, car le départ est à 5h du mat).

Pour le TGV, je me suis pris une chambre d’hôtel pépère, avec piscine chauffée.
Hé, je suis blessé au mollet, faut bien ce qu’il faut pour que le physique tienne ;-)



3)  La course

Le réveil sonne à 3h30. Le départ est à côté de la course. Je prends un long bain, et m’étire gentiment. J’avale mon petit déj, me bois un café et me pointe à 4h45 sur la ligne de départ.
Il y a 500 participants, c’est juste génial : rien à voir avec la cohue des départs de SaintéLyon (sans critiquer, il faut de tout pour faire une monde) !

Mon plan de course est simple : c’est une prépa CCC, donc le but n’est pas d’arriver le plus vite possible.
Mon objectif est d’avoir une expérience montagne et faire de l’altitude avant le mois d’Aout.
Mon seul benchmark est les Templiers, bouclés en 10h25. Parce que je suis percheron, et donc plus qu’un peu borné, je vais me fixer 10/11h comme objectif.


A la vue de la carte du déniv, mon plan est le suivant :
-          Les 8 premiers km, on prend 1000m de D+ : je vais trottiner, voire complètement marcher.
Je vais essayer boucler cette ascension en 1H30. Ca change des 19km courrus en un laps de temps identique à Paris, mais cela fait parti de la beauté du trail ; c'bon vieux La Fontaine doit nous écouter de là-haut, et sourire de nos 'exploits' :-)
-          Du 8 au 45km, c’est de la montagne pure : je vais essayer de tourner à 10 de moyenne, bien qu’il y ait de sacrés ascensions (nous allons osciller entre 2200 et 2600m d’altitude)
Cette portion est celle pendant laquelle je compte prendre un max de plaisir. A mon avis, j’en aurai pour 4 ou 5 bonnes heures
-          Du 45 au 55 : 3km de descente raide et 7km de montée ardue (1000m de D+ en 7km).
Mon expérience Templiers me fait penser que je devrai prendre 2 bonnes heures pour parcourir ces 10km, si je ne veux pas forcer. Cela peut surprendre, mais chaque pas est une véritable extension !
-          Du km 55 à la fin : 18km de descente. Alors là, grosse interrogation. 1800m de D- en seulement 18km. Ca va casser les jambes bien plus qu’une montée.
Si je ne me suis pas trop enflammé, je devrai osciller entre 10-12 km/h, donc mettre 1h45 à 2h pour boucler cette descente.
Le tout mis bout à bout, cela me fait 10h30… Pile dans l’objectif.

Un peu déçu d’avoir été blessé au mollet car je ne vais pas pouvoir envoyer, mais il faut rester humble… Je ne suis pas non plus un pro de la montagne, bien au contraire.
Donc mon objectif numéro un est de prendre du plaisir et de profiter à fond du paysage extraordinaire du parc de la Vanoise ! Ensuite, on verra pendant la course J

Si je devais donner des conseils, le premier serait de bien s’entrainer, car le plaisir que l’on prend pendant la course est conditionné à la préparation que l’on a consacré à la course.
Le second conseil est de profiter de l’avant-course. Aller voir les vidéos, trainer sur le site du retrait des dossards, discuter avec un peu tout le monde, se monter le bourrichon… Tous ces aspects font parti du jeux et du charmes de participer à un trail.
Mon troisième et dernier conseil est de se faire un plan de course. Si vous n’êtes pas un crack, donc faites partie comme moi des 99.9% de coureurs non-cracks, vous ne le respecterez pas car il va se passer plein de choses le jour J. Mais cela vous permet d’aborder la course sereinement, en ayant tout de même quelques repaires !


Hâte d’y être, et peut-être à bientôt à Pralo !

jeudi 12 juin 2014

La course à pied, une grande leçon de vie.

La course à pied, une grande leçon de vie.

Si vous avez lu les posts précédents, vous devez savoir que je me suis claqué le mollet il y a maintenant 7 semaines.
Comme tout bon coureur, le ciel m’est tombé sur la tête. Je commençais à sérieusement prendre du poil de la bête, et je comptais faire une belle perf au trail d’Ecouves.
On se voit déjà raccrocher les baskets, dire non à la CCC, se mettre à manger comme un ogre, et passer à autre chose…

Que nenni ! Aujourd’hui, après avoir bien réfléchi, j’ai complètement changé d’avis.

Tout d’abord, on ne prend jamais le temps de se reposer, et c’est une grosse erreur.
Nous avons tous un objectif en tête, et essayons de faire des semaines bien chargées en entrainement pour arriver à être à 100% le jour J.
Le temps passe et on se rend compte que l’on a pas pris plus d’une journée de repos par semaine depuis des mois.
Ce n’est pas jouable pour le corps ; il faut rester à notre place : nous ne sommes pas des pros !
Les 3 semaines de coupure totale m’ont donc permis de bien récupérer, même si c’était contre mon gré ! J

Ensuite, les séances de kiné sont fort sympathiques, et on y apprend beaucoup de choses.
Le kiné ne prône pas un arrêt total du sport. Je me suis donc mis au vélo, et ai pu réattaquer le footing au bout de 3 semaines.
En revanche, 1 sortie de 30min à 8km/h max pour commencer, c’est dur dur, mais excellent pour l’humilité ! J
Et puis marcher avec des talonnettes, c’est assez comique, et frise le ridicule… Dire que je suis même aller voir des clients comme ça…
Par contre, pas de massage thaï chez le kiné… Plus ça fait mal, plus ça travaille… ouch ! J

Et pour finir, quel plaisir de retrouver les joies de courir sur des sentiers, même parisiens, 6 à 7 semaines plus tard !
Le cardio est flingué, mais 2/3 semaines de boulot et tout sera rentré dans l’ordre.

Cette semaine, pour vous donner une idée, je me suis déjà enquillé 45kil, dont une sortie de 19km, et un petit fractionné cet aprem, et tout est rentré dans l’ordre.
Manque le cardio et la vitesse, mais avec de la patience, ma prépa CCC n’en sera que renforcée !


Je ne sais plus qui a dit que Patience est reine des vertus, mais cette personne était décidément pleine de jugement J

Ma patience saura être récompensée, et ce dès le 7 Juillet, avec une participation au Trail de la Vanoise.
73kil, 3900mD+, rien de tel pour se mettre dans le bain de la CCC J

Si vous êtes dans le coin, n’hésitez pas à passer.